Ce que ce guide est, et n'est pas
Ce sont des conseils pratiques de voyage, écrits pour des personnes qui savent déjà gérer leur allergie. Ce n'est pas un avis médical, et rien ici ne remplace ce que votre médecin ou votre allergologue vous dit sur les voyages, le transport de vos médicaments ou la conduite à tenir en cas d'urgence.
Ce qu'un restaurant est réellement tenu de vous dire
Les règles varient énormément, et savoir dans quel régime on se trouve change la façon de poser la question. Dans l'Union européenne, le règlement (UE) n° 1169/2011 impose aux professionnels de fournir l'information sur 14 allergènes nommés — céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, sésame, sulfites, lupin et mollusques — et cette obligation couvre les denrées non préemballées servies en restaurant, même si l'information peut être donnée oralement dès lors qu'une mention indique de la demander. Le Royaume-Uni applique la même liste de 14. Aux États-Unis, la réglementation fédérale sur les allergènes vise les produits emballés et n'oblige pas les restaurants à les déclarer sur leurs menus : la question directe est le seul recours. Ailleurs, partez du principe que rien n'est obligatoire et demandez comme si de rien n'était le cas.
Pourquoi une appli n'est pas une garantie
Une appli de traduction traduit ce qui est imprimé sur le menu. Une appli de menus peut aller plus loin et déduire les ingrédients probables et les allergènes courants à partir de la composition d'un plat, ce qui est vraiment utile pour éliminer vingt plats en quelques secondes. Ni l'une ni l'autre ne sait ce qui s'est passé dans cette cuisine ce matin. Les recettes varient selon la région, l'établissement et le cuisinier : le fond peut être fait au poisson, la sauce liée à la purée de fruits à coque, la poêle essuyée plutôt que lavée. Servez-vous d'une appli pour présélectionner et pour communiquer, jamais comme vérification finale.
Les ingrédients qui se cachent
Chaque cuisine a des produits de base qui transportent un allergène sans jamais l'annoncer sur le menu. Connaître ceux du pays transforme une inquiétude vague en question précise.
- Japon : le dashi, base de la plupart des soupes et des plats mijotés, est le plus souvent fait à la bonite — du poisson dans quantité de plats par ailleurs végétariens.
- Thaïlande et Vietnam : la sauce de poisson est quasi universelle, et l'arachide apparaît dans des sauces bien au-delà des plats évidents.
- Mexique et Espagne : haricots frits, pâtes à tarte et tamales sont fréquemment faits au saindoux.
- Inde : le ghee est du beurre, et la purée de noix de cajou ou d'amande est une façon courante de lier un curry crémeux.
- Chine : la sauce soja contient généralement du blé, et l'huile de sésame sert de finition dans beaucoup de plats qui ne la mentionnent pas.
- Italie et Espagne : beurre, crème et anchois se glissent dans des sauces et des assaisonnements qui n'annoncent ni produit laitier ni poisson.
La carte d'allergie, et comment en écrire une qui fonctionne
Une carte dans la langue locale reste l'outil le plus efficace, parce qu'elle supprime à la fois la barrière de la langue et le risque d'un résumé bien intentionné. Écrivez-la courte et catégorique : nommez l'allergène, nommez les aliments locaux courants où il se cache, et indiquez clairement que même une petite quantité pose problème si c'est votre cas. Faites-la relire par un locuteur natif — une carte traduite automatiquement qui dit quelque chose d'ambigu est pire que pas de carte du tout, parce qu'elle produit une réassurance confiante. Gardez-la sur papier autant que sur votre téléphone : le papier survit à une batterie vide et peut aller en cuisine, ce qu'un téléphone ne fait généralement pas.
À table
Le moment compte plus qu'on ne le croit. Une cuisine à 20 h 30 un samedi ne peut pas accorder à votre question l'attention qu'elle mérite ; la même cuisine à 18 h 30 un mardi le peut souvent. Posez la question avant de vous installer, tant que partir reste facile. Interrogez sur la mécanique précise plutôt que dans l'abstrait — la friteuse est-elle partagée, la sauce est-elle faite maison, utilise-t-on la même planche et le même couteau — parce que « c'est sans risque ? » appelle un oui poli, tandis que « la friteuse sert-elle aussi au poisson pané ? » appelle une vraie réponse. Si les réponses restent vagues, c'est aussi une réponse.
Avant de partir
Emportez plus de médicaments que nécessaire, en bagage cabine, dans leur emballage d'origine étiqueté, et vérifiez les règles du pays de destination sur le transport des auto-injecteurs d'adrénaline : plusieurs pays les traitent différemment et certains exigent un justificatif. Une courte lettre de votre médecin, traduite, couvre à la fois l'aéroport et l'hôpital. Enregistrez le numéro d'urgence local : c'est le 112 dans toute l'UE et dans de nombreux autres pays, le 911 aux États-Unis et au Canada, le 999 au Royaume-Uni. Vérifiez enfin si votre assurance voyage considère une réaction allergique comme une affection préexistante, car certains contrats le font.